Nous voilà à Legian sur l’île de Bali où nous nous posons qqs jours pour souffler un peu. Cela nous laisse également le temps de faire un petit compte rendu de notre trek autour des Annapurnas.
Pour nous rendre de Katmandou au point de départ de la randonnée proprement dite nous avons pris un « bus local », le moyen de transport de base que les Népalais utilisent. Un bus local ça ressemble à ça :
Déco très Bollywood, musique indienne, surchauffé, surchargé... Après environ 8h de trajet sur des routes/pistes défoncées, 2 crevaisons, 5-6 vomis de la femme juste en face de Camille, nous arrivons à destination. Enfin presque, en réalité à 1km de notre destination le bus s’arrête pour cause de 3ème crevaison! Nous finirons à pied, pas mécontents de quitter ce bus, même si au final nous sommes bien contents d’avoir découvert les bus népalais plutôt qu’un bus pour touristes! Après une première nuit en lodge nous attaquons la marche le lendemain matin.
Nous sommes accompagnés de notre guide Krishna qui parle Anglais et un peu Français, et d’un porteur Ram Krishna, qui porte notre gros sac de lodge en lodge. Nous portons nos affaires à la journée.
Tous les repas (y compris le midi) sont pris dans des petits restaurants ou dans des lodges le long du chemin. Après quelques aperçus des cuisines népalaises et en particulier des conditions (inexistantes) de conservation de la viande, nous avons « décidé » de devenir végétariens, en tout cas tant que nous n’aurons pas passé la partie haute du trek. Au menu donc, le fameux Dhal Bhat Tarkhari, servi à volonté: une montagne de riz blanc (bhat), un curry à base de pommes de terre (tarkhari), éventuellement un autre curry de légumes verts, souvent quelques morceaux de carottes et radis crus marinés et épicés, et une soupe de lentilles (dhal) pour mouiller un peu tout ça. La recette n’est pas figée, chaque jour le dhal bat est un peu différent, selon les légumes disponibles et les épices choisies pour le dhal. Parfois nous en avons mangé de vraiment délicieux avec des champignons locaux. Parfois à la place du riz nous avons pris du dhindo (sorte de purée de sarrazin épaisse), pas l’air très appétissant mais un vrai régal pour qui aime le gout du sarrazin. Bref de quoi être bien calé et rempli d’énergie pour randonner!
Notre trek fait un circuit de 3 semaines autour de la chaîne des Annapurnas. Grosso modo on peut le diviser en 3 parties : une semaine de montée progressive de Besisahar (1000m) à Manang (3500m) à travers un paysage de « collines » (au Népal en dessous de 3000m on est dans les collines), une semaine dans les montagnes proprement dites, puis passage du col de Thorung La (5416m) et une semaine de redescente de l’autre côté de la chaîne jusqu’à Pokhara.
Les Népalais sont très forts en marketing… En 3 semaines de trek nous avons battu 3 records:
- Nous sommes montés au « lac le plus haut du monde »
- Nous avons passé le « col le plus gros du monde » (littéralement, the world’s biggest pass?! Allez savoir ce que ça veut dire…)
- Nous avons suivi les « gorges les plus profondes du monde » (à moins de 2000m d’altitude, entre 2 sommets à +8000, le Dhaulagiri et l’Annapurna I)
Pendant les 6 premiers jours donc, nous remontons la rivière Marsyangdi depuis Besisahar. Nous partons d’à peine 1000m d’altitude où le climat est très chaud, humide. Nous traversons de très nombreux villages, tous très pittoresques, certains particulièrement beaux.
Des flancs entiers sont recouverts de terrasses où les gens cultivent un peu de riz, puis au fur et à mesure que l’on avance surtout du maïs et quelques légumes. Pas de route donc tout, absolument tout, est porté à dos d’homme, de femme et d’enfant. Pas mal de mules aussi, mais ici elles portent moins lourd que les hommes! Les Népalais sont impressionnants, avec une simple sangle autour de leur tête ils portent tous des charges énormes. Sauf notre porteur Ram Krishna qui a trouvé notre sac léger par rapport à ce qu’il porte en général. Voilà qui nous a bien rassurés, ça fait toujours un peu bizarre d’embaucher quelqu’un pour faire porter son sac…
Parfois sur le chemin, entre 2 « collines », on aperçoit le sommet d’une « montagne » : Le Manaslu, 8156m, notre premier coup d’œil sur un 8000!
Jour après jour, on voit de plus en plus de sommets enneigés, la respiration devient plus courte, le soleil est toujours présent mais la température baisse. Par contre il ne pleut plus du tout. Avant on avait quasiment tous les jours un peu de pluie dans l’après-midi (souvent après notre arrivée au lodge, pas toujours!) mais à partir de là et plus au nord il ne pleut presque jamais, la première rangée de montagnes himalayennes arrêtant les nuages. On arrive vers Manang où commencent les vraies montagnes. Les pics enneigés et les glaciers sont partout autour. En face de nous la chaîne des Annapurnas: Annapurna II (7937m), III (7555m) et IV (7525m), Gangapurna (7454m)… Derrière nous, le Pisang Peak (6091m) et les pics Chulu (6400-6600m)… C’est énorme, vraiment impressionnant, et pourtant quand nous regardons ces géants depuis le fond de la vallée de Manang, nous sommes déjà à 3500m! Ou environ 4000m, depuis un monastère surplombant Manang :
On avait hâte d'en voir un, ça y est c'est fait: Yak Yak Yak!
Nous continuons à monter mais, acclimatation oblige, les étapes sont courtes car nous ne pouvons pas dormir plus de 500-600m plus haut que la nuit précédente. Cela dit, on s’essouffle tellement vite que 4 à 6h de marche par jour nous suffisent largement! Du coup on arrive relativement tôt au lodge: Bastien enchaine les livres achetés dans des bookshops le long du chemin et Camille étudie consciencieusement le guide du routard de Bali! On boit des litres de thé par jour – plus droit à la bière ni à la clope!
Les nuits sont fraîches… Les journées aussi parfois…
Premier grand moment du trek: la montée au lac Tilicho. Le lac est à 4900m environ et nous sommes montés vers 5000m pour le voir du dessus. Départ à 5h du matin, avant le lever de soleil, et montée exténuante, au ralenti, de presque 3h (pour 800-900m de dénivelé positif). Notre guide est un lève-tôt et nous sommes le premier groupe à partir. Du coup, nous arrivons complètement seuls au sommet. On arrive au lac (glacé et recouvert de neige) épuisés de la montée, à bout de souffle. Grand vent, glacial, qui traverse polaires et goretex et brûle la face. Ca plus la proximité des sommets et des glaciers, on se prend pour des grands alpinistes!
Deuxième grand moment: le passage du col Thorung La. Le point culminant du trek, à 5416m d’altitude. Là encore, départ à la frontale, nous sommes les premiers à quitter le high camp de Thorung La. Environ 2h de montée pour 600m de dénivelé. Les montagnes s’éclairent petit à petit, et nous arrivons au col, complètement seuls, en même temps que le soleil à 6h. Nous sommes tellement seuls qu’il nous faut user d’ingéniosité pour réussir à nous prendre en photo tous les 4 avec le retardateur. L’air est rare: parler en marchant = impossible! Rater une inspiration pour avaler sa salive = 1min pour reprendre son souffle! Et je vous explique pas le temps de récupération après s’être mouché la goutte au nez!
Sinon, panorama grandiose à 360 degrés.
Après le col, longue redescente et notre 2ème point de vue sur un 8000: Le Dhaulagiri (8167m).
Nous arrivons à l’entrée de la région du Mustang. Les paysages sont très différents: rocailleux, pas de végétation, très sec, très venté. Des oasis de verdure seulement autour des villages proche de la rivière, grâce à l’irrigation. Comme ici à Kagbeni.
Nous suivons maintenant la rivière Kali Gandaki. Kali veut dire noir et on comprend pourquoi :
Nous marchons près de 3 jours sur des galets, dans le lit de cette rivière, avec un vent de face très fort, très désagréable vu la poussière qu’il soulève… Après les paysages impressionnants de haute montagne que nous avons vus les jours précédents, autant dire qu’au début nous sommes un peu frustrés par cette dernière partie de trek. Déjà, fini les petits sentiers, nous marchons un peu trop souvent sur une piste poussiéreuse empruntée par les 4x4 et les bus, et nous avons l’impression de ne pas assez avancer. Parfois nous arrivons au lodge où nous passerons la nuit très tôt dans l’après-midi, dans un village où il n’y a pas grand-chose à voir ni à faire. Néanmoins cette partie du trek vaut le coup quand même, et nous sommes contents d’avoir bouclé la boucle à pied, alors que beaucoup de gens optent pour des portions en 4x4 ou en avion, et, avec les aléas de l’organisation à la Népalaise parfois mettent aussi longtemps que nous! Nous continuons à traverser de très beaux villages appartenant à différentes ethnies:
Marpha, village Thakuri
Dana, village Magar
A Tatopani (littéralement « eau chaude »), nous avons profité d’une source d’eau chaude pour prendre un bon bain. Quasiment la première eau chaude depuis 2 semaines! On en rêvait, même si nous sommes redescendus vers 1000m et qu’il fait de nouveau très chaud… En plus l’endroit était relativement propre, ce qui est assez exceptionnel au Népal!
Régulièrement on continue à avoir des aperçus sur de grands sommets. Le Nilgiri, dans le prolongement d’une rue de Tatopani. Malgré la distance, la hauteur est impressionnante: avant de découvrir l’Himalaya, en levant les yeux aussi haut on n’avait jamais vu autre chose que du ciel!
Pour nos 2 derniers jours de marche, nous remontons jusqu’à Gorepani (2900m) pour aller voir le lever de soleil sur la chaîne des Annapurnas depuis Poon Hill (3200m). Très beau spectacle, même si la proximité de Pokhara fait que nous sommes quelques centaines à profiter du panorama. Tout à gauche sur la première photo, l'Annapurna I (8091m), notre 3ème 8000... A droite et sur la 2ème photo, le très photo-hygiénique Machhapuchhare (6997m).
Une grande descente, une dernière nuit en lodge, 2h de bus, et c’est fini le trek! Arrivée à Pokhara, la grande ville…
Nous avions démarré par le bus local, nous rejoignons Katmandou en avion – compagnie népalaise grand luxe! Si l’estomac de Camille avait supporté les 8h de bus, malgré Mercalm ces 30min d’avion ont été (presque) fatales!
Voilà voilà pour le Népal…
Toutes nos photos dans l'album Picasa ci-dessous:
(Note: la légende de chaque photo = nom de fichier)

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